Le 20 août 2022, à Verrières-en-Anjou (Maine-et-Loire), une adolescente de 14 ans a été violemment percutée par une voiture alors qu’elle traversait sur un passage piéton. Projetée sur une dizaine de mètres, elle a survécu, mais avec des séquelles irréversibles.

Le conducteur a été jugé en février 2024 par le tribunal correctionnel d’Angers et condamné à une peine de prison ferme.

Cette affaire illustre de manière concrète les responsabilités pénales du conducteur, la qualification juridique des faits et la place centrale de la victime dans la procédure.


Les faits établis par la procédure

Le 20 août 2022, vers 18 h 50, l’adolescente traverse la rue Nationale à Verrières-en-Anjou sur un passage piéton, avec deux autres jeunes. Elle se trouve légèrement en retrait lorsque la voiture arrive à vive allure en direction d’Angers.

Le conducteur ne la voit pas et la percute de plein fouet. La jeune fille est projetée sur le capot, puis sur le pare-brise, avant d’être propulsée contre une rambarde séparant la chaussée du trottoir  .

Les secours la retrouvent à demi consciente, le visage ensanglanté, entourée de membres de sa famille présents à proximité  .


Des blessures d’une extrême gravité

Les conséquences physiques sont majeures :

  • multiples fractures sur l’ensemble du corps,
  • interventions chirurgicales répétées,
  • perte de l’œil gauche,
  • strabisme à l’œil droit,
  • cicatrices définitives sur le visage et le corps.

Le taux d’incapacité permanente n’était pas encore définitivement fixé lors de l’audience, mais il est estimé entre 25 % et 50 %, selon l’avocate de la victime  .


Le comportement du conducteur après l’accident

Le conducteur, âgé de 36 ans au moment du jugement, ne s’est pas immédiatement arrêté après l’accident. Il s’est d’abord garé plus loin, avant de revenir à pied sur les lieux, puis de repartir lorsque l’attroupement s’est formé.

Il s’est ensuite présenté aux gendarmes  .

À l’audience, il a reconnu avoir conduit sous l’emprise de stupéfiants (cannabis et cocaïne) et expliqué avoir détourné son attention en manipulant son autoradio au moment des faits  .


Une qualification pénale : les blessures involontaires aggravées

Le conducteur était poursuivi pour blessures involontaires, une infraction prévue par le Code pénal lorsque les dommages résultent d’une imprudence ou d’une négligence, sans intention de nuire.

Plusieurs circonstances aggravantes étaient toutefois réunies :

  • conduite sous l’emprise de stupéfiants,
  • vitesse inadaptée,
  • non-respect d’un passage piéton,
  • antécédents judiciaires nombreux, notamment pour conduite sous stupéfiants.

Ces éléments ont pesé lourdement dans l’appréciation de la peine.


La décision du tribunal correctionnel d’Angers

Par jugement, le tribunal correctionnel d’Angers a condamné le conducteur à :

  • trois ans de prison, dont un an de sursis probatoire,
  • une incarcération ferme avec mandat de dépôt à délai différé,
  • une annulation du permis de conduire pour cinq ans,
  • l’obligation d’indemniser la victime  .

Cette décision s’inscrit dans une jurisprudence constante : la conduite sous stupéfiants, combinée à une atteinte grave à un piéton, expose à des peines d’emprisonnement effectives, même en l’absence d’intention.


La place centrale de la victime dans la procédure

Tout au long du procès, la parole de la victime et de sa famille a occupé une place essentielle.

Selon son avocate, la jeune fille « ne parvient plus à sourire » et devra vivre toute sa vie avec les conséquences de l’accident, tant physiques que psychologiques  .

Cette affaire rappelle que le procès pénal ne se limite pas à juger un comportement, mais vise aussi à reconnaître le préjudice subi par la victime et à ouvrir la voie à une indemnisation.


Ce qu’il faut retenir

  • Un piéton est prioritaire sur un passage piéton.
  • La conduite sous stupéfiants constitue une faute pénale grave, même sans intention.
  • Les blessures involontaires peuvent entraîner des peines de prison ferme.
  • L’accompagnement juridique des victimes est déterminant pour la reconnaissance de leurs droits.

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